Les 32 indicateurs Qualiopi structurent l’examen du processus qualité d’un prestataire d’actions concourant au développement des compétences. Ils sont répartis dans sept critères, mais tous ne s’appliquent pas de la même façon à chaque organisme. Votre périmètre, vos catégories d’actions et certaines situations particulières modifient la liste à documenter. Cette page reprend les indicateurs par regroupement et précise, pour chacun, le type d’attendu et une trace possible. Elle ne remplace pas le guide de lecture officiel, qui fixe les niveaux d’exigence et les exemples de preuves. Pour préparer un audit, partez de vos pratiques réelles, identifiez les écarts et reliez chaque preuve à une décision ou à un résultat.

Critère 1 : informer le public, indicateurs 1 à 3

L’indicateur 1 porte sur une information accessible, détaillée et vérifiable : prérequis, objectifs, durée, modalités et délais d’accès, tarifs, contacts, méthodes, évaluation et accessibilité. L’indicateur 2 demande des résultats adaptés à la nature des prestations et aux publics. L’indicateur 3 ajoute, pour les prestations certifiantes, les taux d’obtention, les blocs, équivalences, passerelles, suites et débouchés.

L’auditeur compare ce qui est publié avec ce qui est réellement vendu et réalisé. Une page commerciale, un programme ou un document de contractualisation peuvent servir de preuves, mais ils doivent être à jour et cohérents. Le résultat ne doit pas être présenté comme une promesse de réussite individuelle.

Cas concret : une fiche de formation peut afficher le taux de satisfaction global, à condition de préciser la période, le périmètre de calcul et la nature de l’indicateur.

Critère 2 : concevoir la prestation, indicateurs 4 à 8

Les indicateurs 4 à 8 suivent la conception : analyser le besoin avec l’entreprise ou le financeur, définir des objectifs opérationnels et évaluables, établir les contenus et modalités adaptés, vérifier l’adéquation avec une certification lorsqu’elle est visée, puis positionner et évaluer les acquis à l’entrée. Certains indicateurs sont spécifiques aux actions certifiantes ou à certaines catégories.

L’attendu porte sur la chaîne de décision. L’auditeur doit comprendre comment le besoin a été recueilli, comment les objectifs en découlent, comment le parcours a été construit et comment un niveau initial a été mesuré. Un programme standard peut être compatible avec le référentiel, mais il doit laisser une place à l’adaptation lorsque les besoins l’exigent.

Cas concret : un entretien de positionnement qui déclenche une durée adaptée et une évaluation initiale constitue une preuve plus parlante qu’un questionnaire conservé sans analyse.

Critère 3 : accueillir, accompagner et évaluer, indicateurs 9 à 16

Les indicateurs 9 à 12 concernent les conditions de déroulement, l’adaptation de la prestation et du suivi, l’évaluation de l’atteinte des objectifs, ainsi que l’engagement et la prévention des ruptures. Les indicateurs 13 à 15 s’appliquent à des situations d’alternance ou d’apprentissage : coordination avec l’entreprise, accompagnement socio-professionnel et information sur les droits et règles de sécurité. L’indicateur 16 concerne les formations conduisant à une certification professionnelle.

L’auditeur recherche des traces de ce qui se passe pendant le parcours, pas uniquement avant son démarrage. Les preuves peuvent être des points de suivi, résultats d’évaluation, adaptations, échanges avec l’entreprise, mesures de prévention ou éléments d’information remis aux apprentis. Les documents doivent respecter la confidentialité et rester proportionnés.

Cas concret : un CFA peut présenter un compte rendu de coordination avec l’employeur, une adaptation du planning et la trace d’une action menée après un risque de rupture.

Critères 4 et 5 : moyens et compétences, indicateurs 17 à 22

Les indicateurs 17 à 20 portent sur les moyens humains et techniques, la coordination des intervenants, les ressources pédagogiques et les fonctions prévues par le périmètre, comme le référent handicap. Les indicateurs 21 et 22 concernent la détermination, la mobilisation et l’évaluation des compétences des intervenants, ainsi que le développement des compétences des salariés.

L’attendu n’est pas de posséder un catalogue de matériel ou une collection de CV. Il faut relier les moyens aux prestations, les compétences aux objectifs et les actions de développement aux besoins constatés. Les intervenants externes et les indépendants doivent aussi pouvoir expliquer comment leurs compétences sont entretenues.

Cas concret : une grille de sélection d’un formateur peut être complétée par ses références, son observation en situation et une action de développement décidée après une revue de prestation.

Critère 6 : veille et environnement, indicateurs 23 à 29

Les indicateurs 23 à 25 couvrent la veille légale et réglementaire, la veille sur les compétences, métiers et emplois, ainsi que la veille pédagogique et technologique. Les indicateurs 26 à 29 concernent les ressources pour les personnes en situation de handicap, la sous-traitance, les formations en situation de travail et les actions favorisant l’insertion ou la poursuite d’études.

L’auditeur ne cherche pas seulement des abonnements. Il examine l’exploitation de la veille et son effet éventuel sur les prestations. Les partenariats, réseaux et sous-traitants doivent être pilotés selon leur rôle réel. La page dédiée à la sous-traitance précise comment relier contrat, responsabilité et preuves.

Cas concret : une veille réglementaire devient probante lorsqu’une évolution est analysée, diffusée et traduite en mise à jour d’un programme ou d’une consigne.

Critère 7 : recueillir et améliorer, indicateurs 30 à 32

L’indicateur 30 demande de recueillir les appréciations des parties prenantes concernées : bénéficiaires, financeurs, équipes pédagogiques et entreprises. L’indicateur 31 demande une méthode de traitement des difficultés, réclamations et aléas. L’indicateur 32 demande de prendre des mesures d’amélioration à partir des analyses réalisées.

Ces indicateurs ferment la boucle. Une enquête n’est pas une amélioration en elle-même, et un registre de réclamations ne prouve pas le traitement si aucune décision n’est suivie. Conservez la date de revue, l’analyse, le responsable et la vérification de l’effet attendu.

Cas concret : après plusieurs retours sur une consigne d’accès, l’organisme peut modifier l’information préalable, tester la nouvelle version et contrôler les nouvelles demandes reçues.

Les indicateurs, l’attendu et une preuve possible

Le tableau est une synthèse de travail. Pour connaître l’application exacte par catégorie, reportez-vous au guide de lecture officiel.

Un exemple de preuve n’est jamais une obligation documentaire automatique. Il doit être pertinent pour votre pratique et votre périmètre.

Synthèse des 32 indicateurs du RNQ
IndicateursAttendu résuméExemple de preuve
1Information accessible sur la prestationProgramme daté et page d'accès
2Résultats adaptés à la prestationTaux calculé et période indiquée
3Informations sur une certification viséeBlocs, suites et débouchés publiés
4Analyse du besoin du bénéficiaireEntretien et décision d'adaptation
5Objectifs opérationnels et évaluablesObjectifs reliés à une évaluation
6Contenus et modalités adaptésProgramme construit à partir du besoin
7Adéquation avec une certificationRéférentiel et correspondance des objectifs
8Positionnement et acquis à l'entréeTest initial et résultat exploité
9Conditions de déroulementConvocation et parcours réalisé
10Adaptation, suivi et accompagnementPoint de suivi et action décidée
11Évaluation de l'atteinte des objectifsGrille remplie et retour transmis
12Engagement et prévention des rupturesAlerte, contact et suivi
13Coordination avec l'entrepriseCompte rendu CFA employeur
14Accompagnement socio-professionnelOrientation et suivi anonymisés
15Droits, devoirs et sécurité des apprentisLivret et action de prévention
16Conditions de présentation à la certificationInformation et procédure d'inscription
17Moyens pédagogiques et techniquesInventaire relié aux parcours
18Coordination des intervenantsRéunion et transmission de consignes
19Ressources pédagogiquesRessource remise et version suivie
20Référents et ressources spécifiquesDésignation et orientation handicap
21Compétence des intervenantsCV, expérience et habilitation
22Développement des compétencesPlan et suivi d'une action
23Veille légale et réglementaireNote de veille et mise à jour
24Veille métiers et emploisAnalyse d'une évolution sectorielle
25Veille pédagogique et technologiqueOutil testé et décision
26Ressources pour le handicapRéseau et procédure d'orientation
27Maîtrise de la sous-traitanceContrat et contrôle des preuves
28Formation en situation de travailSuivi de la séquence en entreprise
29Insertion ou poursuite de parcoursInformation et suivi des suites
30Recueil des appréciationsEnquête et analyse par public
31Traitement des difficultés et réclamationsRegistre, réponse et responsable
32Amélioration des prestationsPlan d'action et contrôle d'effet

Comment lire ce tableau : une preuve peut couvrir plusieurs indicateurs, mais seulement si elle démontre réellement chaque attendu et si son contexte est compréhensible.

Combien de temps et quels délais prévoir ?

La lecture des 32 indicateurs peut tenir dans une première séance, mais leur qualification demande de connaître les catégories d’actions et les pratiques réelles. Prévoyez une revue par processus, puis un test sur un parcours échantillonné. Les indicateurs spécifiques ne doivent pas être ajoutés mécaniquement si la situation ne les concerne pas.

Le guide de lecture peut évoluer. Datez votre matrice et ajoutez une veille sur les versions applicables. La date d’audit, la maturité de vos preuves et le nombre de sites influencent ensuite le calendrier de préparation.

  • Lister le périmètre avant les indicateurs.
  • Associer une preuve et un responsable à chaque exigence.
  • Faire une revue après une prestation réelle.

Cas concret : une structure qui ajoute l’apprentissage doit refaire sa matrice pour intégrer les indicateurs spécifiques au parcours en alternance.

Combien ça coûte ?

Le coût d’un hub d’indicateurs ou d’une matrice peut être limité au temps interne si l’organisation est simple. Le coût de certification et d’un éventuel accompagnement reste distinct. Le besoin d’aide dépend du volume de catégories, de sites, d’intervenants et de la capacité à analyser les écarts.

Ne mesurez pas le budget au nombre d’indicateurs seulement. Une même preuve bien conçue peut couvrir plusieurs exigences, alors qu’un indicateur simple peut demander une évolution de pratique. Demandez un accompagnement centré sur votre périmètre si vous ne parvenez pas à relier l’attendu à une action réelle.

Cas concret : une matrice de 32 lignes réalisée en interne peut coûter moins qu’un dossier standardisé acheté, tout en étant plus utile si elle reflète vos parcours.

Erreurs fréquentes et pièges à éviter

Le principal piège est de reprendre une liste sans lire les précisions par catégorie. Le deuxième est de confondre exemple de preuve et document obligatoire. Enfin, un indicateur ne doit pas être déclaré conforme uniquement parce qu’un fichier porte le bon titre.

Évitez les tableaux sans date, sans responsable et sans statut. L’auditeur peut demander pourquoi une preuve est applicable, qui l’utilise et comment son efficacité est appréciée. Une matrice doit aider à répondre, pas devenir une couche documentaire supplémentaire.

  • Copier un gabarit identique pour quatre catégories.
  • Oublier la mise en œuvre effective.
  • Confondre taux de satisfaction et mesure d’amélioration.
  • Ne pas vérifier la version officielle du guide.

Cas concret : une procédure de réclamation non connue de l’équipe ne démontre pas l’indicateur 31, même si elle est bien présentée.

Sources officielles à consulter

Les règles et guides peuvent évoluer. Ces ressources permettent de vérifier le texte applicable avant de prendre une décision ou de figer une preuve.

Pour poursuivre votre préparation

Choisissez la page qui correspond à votre prochaine question. Les liens utilisent des ancres descriptives pour conserver un parcours lisible.

Vous vous demandez…

Questions fréquentes

Le guide de lecture distingue les catégories d'actions, les situations particulières et les indicateurs spécifiques. Le périmètre réel doit être défini avant de construire la matrice de preuves.

Le critère 1 regroupe les indicateurs 1 à 3, qui portent sur l'information accessible, les résultats et, pour les prestations certifiantes, les éléments liés à la certification visée.

Les indicateurs 17 à 22 couvrent les moyens, la coordination, les ressources et la compétence ou le développement des intervenants, selon le périmètre applicable.

Ils demandent de recueillir les appréciations, traiter les difficultés et améliorer les prestations. Une enquête peut être un outil, mais elle ne suffit pas sans analyse et action suivie.

Il constitue une référence pratique essentielle, mais les textes applicables, les règles du financeur et les informations du certificateur doivent aussi être vérifiés selon votre situation.

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